La Voie de Lupita (numéro 1)

Bonjour,

Moi c’est Lupita. J’ai bientôt 2 ans (c’est-à-dire environ 14 ans en âge humain). Je suis la fille d’un père Border-colley et d’une mère Husky. En fait, c’est un peu comme si j’étais un enfant multi-ethnique. J’aime ça, c’est ce qui fait mon originalité.

Je suis contente de pouvoir te parler. J’ai tant d’aventures à partager ! J’ai beau n’avoir que 2 ans, j’en ai vécu des moments insolites ! Tu ne peux même pas t’imaginer ! Alors si ça ne te dérange pas, je prendrais quelques lignes par-ci par-là pour te parler un peu de moi. Ce que je souhaite, c’est qu’à travers mes aventures tu comprennes un peu mieux le monde des chiens et/ou de ton chien si tu as l‘immense chance d’en avoir un aussi beau et aussi gentil que moi.

Bon, par quoi devrais-je commencer ? Je crois que le plus simple serait de te raconter les 2 premières années de ma vie. Eh bien ! Imagine-toi donc qu’en seulement 7 mois de vie, mes parents adoptifs m’ont laissé tomber 2 fois.  C’est un peu comme si toi, à environ 4 ans, tu avais déjà changé de famille 3 fois. 

Eh oui, parce que la première fois, je n’ai pas eu le choix. Ma mère ne pouvait pas me garder, mais chez nous, les chiens, c’est la loi de la nature. Il faut qu’on se sépare de notre mère à un moment donné et en principe, on ne se revoit plus jamais. Ça ne m’a pas particulièrement rendu triste. Tous les bébés chiens passent par là. Mais moi, en passant, j’ai vécu un petit miracle, j’ai eu la chance de recroiser ma mère dans un parc à chiens. Oh ! Bien sûr j’ai fait comme si ça ne m’impressionnait pas, mais mon cœur battait la chamade et plusieurs fois les larmes me sont montées aux yeux. Je n’en revenais tout simplement pas. Combien de chiens adoptés vont avoir la chance de recroiser leur mère biologique dans leur vie ? Pas beaucoup, crois-moi ! J’en garde un souvenir olfactif qui jamais ne s’effacera de ma truffe.

Bon, revenons à nos os à mâcher : ma première famille d’accueil. J’étais alors un tout petit chiot, plein d’énergie, arrivant dans un monde d’humains auquel je ne connaissais rien, dans une maison que je ne connaissais pas, avec des gens que je ne connaissais pas et qui parlaient une langue très étrange que je ne comprenais pas. Ce n’est pas facile à vivre, tu sais ? C’est un peu comme si demain, un nouveau papa et une nouvelle maman, chinoise par exemple, venaient te chercher et t’emmenaient en Chine alors que tu ne comprends rien au chinois… De quoi en perdre ses croquettes !!!

Bref, comme tous les petits chiots, j’étais pleine de vitalité; une petite boule de poils noirs qui avait besoin d’apprendre les bases de la vie en famille chez les humains : aller faire mes besoins dehors, ne pas mâchouiller ni les meubles, ni les tapis, dormir seule la nuit, rester seule le jour… Enfin, tu vois l’affaire. Un peu comme quand tu es bébé et qu’en grandissant il faut que tu deviennes propre, que tu apprennes à manger tout seul, à ne pas frapper ta sœur… Tu vois de quoi je parle !

La différence, c’est que moi, on ne me laisse pas le choix : on s’attend à ce que je sois propre rapidement et sans explications. Alors que toi, avec des couches, ça peut être plus long et tes parents sont plus compréhensifs lorsqu’il y a des accidents. La grande erreur que mes parents humains font, c’est qu’ils me chicanent lorsque je m’échappe là où il ne faudrait pas. Je dis que c’est une erreur car 1) je ne comprends pas ta langue, tes mots. Ça sonne comme du charabia pour moi. 2) je ne garde les évènements en mémoire qu’environ 3 secondes. Après il est trop tard pour me les reprocher. Ce n’est pas ma faute, mon cerveau sert d’avantage à retenir les odeurs d’écureuils afin de les suivre à la trace et à entendre une multitude de sons, surtout quand le camion poubelles arrive dans la rue, plutôt qu’à travailler ma mémoire. Dans le fond, j’ai des avantages que tu n’as pas et vice-versa.

Bref, tout ça pour dire que si tu me chicanes, je n’en comprendrais pas la raison. Tout ce que je vais retenir, c’est que quand tu t’approches de moi, ce n’est souvent pas bon signe.  Finalement, 3) le pire qui pourrait arriver, c’est la punition corporelle, autrement dit que tu me frappes pour me faire comprendre que c’est mal. Est-ce que t’es parents t’ont déjà frappé lorsque tu apprenais à être propre et que tu t’échappais ?  Je te laisse le soin de vérifier avec eux.

Alors, quoi faire selon toi ? Tu veux la solution idéale ?

Il faut que tu me prennes dans tes bras, que tu m’emmènes à l’endroit désiré et que tu y restes avec moi jusqu’à ce que je fasse un pipi ou un caca. Lorsque la « chose » est faite, félicite-moi le plus que tu peux. Donne-moi une gâterie en me disant que je suis un bon chien.

Pour te donner un exemple, ma sœur adoptive n’était pas propre lorsque mes parents sont allés la chercher au refuge de chiens abandonnés. Eh bien ! En 1 mois, en la félicitant dès qu’elle faisait ses besoins dehors, elle a appris à demander la porte. C’est magnifique, non ? Et tu sais quoi, elle ne s’est jamais faite réprimander, frapper ou encore mettre son petit museau dans ses besoins.  J’aime ça les histoires qui finissent bien ! Wouf – wouf !

Voilà, c’est simple non ? Un peu de patience, de bonne humeur, d’amour et de biscuits. On n’en demande pas plus. Le plus important, dans tout ça, lorsque tu t’apprêtes à réagir avec ton chien, demande-toi si tu aimerais qu’une personne t’inflige le même traitement. Si la réponse est non, il est fort probable que ce ne soit pas agréable pour ton chien non plus.

Je sais, je sais, je n’ai pas raconté les multiples rebondissements de ma vie.  Il va falloir que tu attendes jusqu’au prochain numéro. Il faut absolument que j’aille surveiller ma sœur, je crois qu’elle est en train de déchirer un oreiller en plumes. Elle s’ennuie, elle n’a pas fait assez d’exercice aujourd’hui. Allez, à la prochaine.

Lupita

 

« La voie de Lupita », est une chronique régulière (inspirée par mes chiens) publiée dans la revue « Pattes Libres ». La revue a comme mission première de  » faire comprendre à tous l’importance d’adopter son petit compagnon de poils ou de plumes dans les refuges sérieux qui eux, s’engagent à tout mettre en œuvre pour essayer de sauver la vie de milliers d’animaux abandonné « . (http://revuepatteslibres.blogspot.ca)

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