La Voie de Lupita (numéro 3)

Hola !

Haha, savais-tu que c’est comme ça qu’on dit bonjour en espagnol ? Je suis en train de l’apprendre grâce à un de mes papas. Il a vécu au Mexique et tout et tout, tu sais. C’est le vrai espagnol qu’il parle…

Bon, soyons sérieux ! Comment vas-tu ? Commences-tu à profiter du beau temps pour courir après des balles ? Figure-toi que moi, non ! Chaque printemps, c’est la même histoire, sainte-croquette ! Je souffre d’allergies printanières ! Avec la quantité de poils que perd Tonalli, ma sœur, ça me gratte dans la truffe, et entre les coussinets ; et pour couronner le tout, je… je… aaa… aaa… aaatchoum ! J’éternue sans cesse !

Avant de commencer, j’aimerais te dire que je me sens flattée. Oui. Flattée dans tous les sens du poil. C’est déjà la troisième fois que j’ai la chance d’échanger avec toi. La troisième ! Et j’ai encore tant d’histoires à te raconter !

D’ailleurs cette fois-ci, il me semble qu’on devait japper d’exercice physique. Alors, hop, que ça saute ! L’exercice, c’est un point primordial pour notre santé ! En plus, moi qui suis croisée Border Colley, ça me tient vraiment à cœur parce qu’il y a ce côté en moi qui a vachement besoin de travailler. Hahahahaha ! Je ris parce que j’ai dit « vachement » et que c’est vrai que j’aime ça courir après des vaches, moi ! Et j’aaa… aaa… aaatchoum ! Foie de canard, pardon ! Bon, je disais quoi, moi ? Ah oui : j’aime courir après les vaches, mais comme mes parents n’ont pas de ferme (c’est quand même de plus en plus rare de nos jours !) il faut bien trouver un autre motivateur. Il en existe plusieurs, tu sais ?

Mes parents ont déjà essayé le parc à chiens, c’est proche de la maison. Ha ! Laisse-moi te dire que ce ne fut pas un succès. J’en ai eu mon os à moelle des parcs à chiens ! En plus, ça me rend triste rien que d’y penser.

Souvent, je suis assise sur le coffre en bois, dans le salon, à regarder par la fenêtre. J’aime beaucoup ce moment calme de méditation. Un moment magique pendant lequel Tonalli, ma sœur, me crie dans les oreilles, me tape sur l’épaule avec ses griffes, me mordille le bord de l’oreille, me tire par la peau du cou… et moi je suis là, imperturbable. Je fais comme si elle n’existait pas. Je regarde dehors, mais intérieurement je suis en belle croquette ! Mais… je me contiens. Vive la… aaa… aaa… aaatchoum ! la méditation, quand même !

Bon, ça y est, je m’égare. Tu auras remarqué que je suis un peu hyperactive du cerveau aussi. C’est encore mon côté Border Colley, ça ! Quand je ne suis pas assez fatiguée, mon cerveau accélère et je saute d’un sujet à l’autre comme dans une épreuve d’agilité.

Où en étais-je donc, foie de canard ? Ah oui, héhéhé, je parlais de ma méditation. Donc, me voilà à la fenêtre, à scruter le monde extérieur, ces centaines de poteaux avec ces milliers d’odeurs de pipis. Tous ces potins de quartier qui sont là, juste dehors, « osquels » (je veux dire auxquels, déformation canine) je n’ai même pas accès. Mais ce n’est pas tout ! En haut de la côte, derrière chez moi, j’entends (tu sais que les chiens ont de supers oreilles) les bruits du parc à chiens. Voilà mon vrai problème, et ma vraie déception aussi.

Avant d’aller plus loin, j’aimerais te poser une question : sais-tu ce qu’est un parc à chien ? Tu vas probablement me répondre que c’est un endroit clôturé où les parents nous amènent pour qu’on socialise ? Exactement comme ton école ? Dans les faits, oui, tu as raison !  C’est un endroit clôturé où nous pouvons faire de belles rencontres et nous amuser comme des petits fous. Mais parfois, la réalité est toute autre. Il arrive que les parents nous abandonnent à nous-mêmes au milieu de gangs de rue plus violents les uns que les autres, pendant qu’EUX socialisent ! Grrrrr !!!! Rien que d’y penser, les crocs m’en sortent !

Il faut être hyper vigilant dans un parc à chien;  les choses vont aussi vite qu’un écureuil qui s’enfuit tout en haut d’un arbre ! Alors promets-moi une chose : si tu vas au parc à chiens, garde un œil en permanence sur le tien (C’EST QUI ?). Une morsure est si vite arrivée ! C’est rarement méchant, mais ça arrive. Un peu comme quand tu joues et que tes parents t’arrêtent car tu prends ça trop au sérieux. Nous, c’est la même chose. Il faut que quelqu’un puisse nous arrêter quand le jeu s’intensifie trop !

Je vais te raconter un secret, mais promets-moi de ne le répéter à personne ! Alors ?… J’attends ! Comment ça, « quoi ? », sainte croquette ! Tu me le promets, oui ou non ? Oui ? Bon, parfait !

Lorsque j’étais petite, je n’avais pas beaucoup plus que 6 mois (soit environ 3.5 ans pour toi), nous avions décidé de faire une sortie au parc en famille. Probablement une des premières fois d’ailleurs. On arrive là, pas de problème, 2 ou 3 chiens présents dans l’arène. Je rentre, je me fais renifler le popotin (un peu comme quand l’agent des douanes regarde ton passeport), puis une fois que j’ai l’accord d’intégrer le groupe, on commence tous à se courir après, dans un sens, puis dans l’autre. Je suis la reine des esquives, à la dernière minute, hop ! Je change de direction et je cours en sens inverse pour tromper l’adversaire, je freine en un rien de temps pour repartir de plus belle ! Tout d’un coup, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, peut-être ais-je vexé un congénère à ne jamais me laisser attraper, mais la vapeur s’est inversé et au lieu de jouer avec moi, la gang m’a aaa… aaa… aaatchoum ! Coincée dans un coin, je me suis fait harceler. J’étais devenue victime d’intimidation. Ne pouvant pas m’échapper, il a fallu que je réfléchisse aussi vite que le chat qui disparaît de la clôture lorsque je veux l’attraper. J’ai poussé un grand cri, et me suis couchée sur le flanc en gémissant. Je jouais au chien gravement blessé, presque à l’article de la mort pour que tout le monde me laisse tranquille. Et ça a marché !

Tout le monde s’est retourné dans la direction d’où venait le cri. Mes deux papas se sont précipités sur moi, m’ont pris dans leur bras et m’ont sortie du parc à toute vitesse pour m’amener chez le vétérinaire. Mais je n’allais pas me laisser trainer chez le docteur pour rien ! Je l’aime bien, mais il y a des limites ! Alors aaa… aaa… aaatchoum ! Foie de volaille ! Pardon ! Avant d’entrer dans la voiture, je me suis remise à marcher, la tête et la queue bien haute, un petit sourire en coin, toute fière de mon coup ! Mes papas se sont regardés, étonnés, puis m’ont regardée moi et ils ont comprise. Et là, on est tous partis à rire ! Quelle aventure ! Hahahaha… aaa… aaa… aaatchoum !!!!!! Fichues allergies aux poils ras !  Non mais c’est vrai, quoi ! Tu sais qu’il existe plusieurs types de poils de chiens ? Et bien moi, c’est les poils ras que je ne supporte pas. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça. Ça me démange des coussinets à la truffe, le nez me coule et j’éternue sans cesse. Si je n’avais pas reçu une bonne éducation, je serais devenue intolérante aux chiens à poils ras, tout comme ma sœur est devenue intolérante aux petits chiens. Mais moi, j’ai fini par comprendre que la différence est une richesse !

Oh, sainte-croquettes ! Il est déjà bien tard. Une fois de plus je n’ai pas vu le temps passer. Mais je ne suis pas vraiment une référence ! Nous les chiens, comme je te l’ai déjà dit, on n’a pas la même relation avec le temps que toi, humain. Mais ne revenons pas en arrière. Tout ce que je réalise, c’est qu’une fois de plus, je n’ai pas eu le temps de vraiment te japper de l’exercice. Bon, c’est sûr que j’ai un peu parlé du parc à chiens, et que je t’ai recommandé d’y être très vigilant, mais il y a tant d’autres choses importantes au sujet de l’eee… aaa… aaa… aaatchoum ! de l’exercice : le temps à y consacrer, l’exercice physique, mental, l’entraînement… oh lalalala !  Je m’excuse, mais je n’ai vraiment pas le temps de continuer. Je suis un peu déboussolée à cause des aaa… aaa… aaa… aaatchoum ! des allergies. Alors, si ça ne te dérange pas, là, pour tout de suite, je vais aaa… aaa… aaatchoum ! aller me moucher et prendre un anti aaa… aaa… aaatchoum ! anti allergies. Bon boilà, j’ai le nez gomblètement bouché baintedant ! Je bais aller be coucher ! On se rebarle bientôt !

xoxo Lupita

http://revuepatteslibres.blogspot.ca

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